Quels préjugés allez-vous trouver ?

Casting et mise en place

J’ai fait un appel sur des réseaux sociaux pour trouver des personnes à photographier. J’ai répondu favorablement à toutes, sans faire aucune sélection. Ayant trouvé mes modèles, je leur donnais carte blanche sur ce qu’ils voulaient montrer /mettre en avant d’eux (coiffure, vêtement, attitude, maquillage, bijoux…). Afin d’aller plus loin dans la « personnification » des portraits, je leur ai demandé de réfléchir à des choses privées et personnelles, professionnelles, des choses du quotidien qu’elles soient saugrenues ou pas, des choses de leur famille, leur parcours de vie. Ces personnes avaient aussi pour mission de venir avec quelques objets, vêtements qui parlent d’eux, de leur vie, quotidien, passion …

Ce fut un exercice pas forcément facile pour tous. J’ai été frappé par le fait que beaucoup de ces personnes ne venaient qu’avec des phrases « négatives ». Mais suite à des échanges d’idées, nous réussissions à mettre en valeur des petites histoires, des anecdotes, des traits de caractères. Et puis évidemment, pour certains c’était la peur du jugement, « que vont dire les gens qui verront mes photos , mes phrases ? ». Cette petite appréhension ne s’est pas vraiment estompé chez certains, mais ils se lançaient … « Et tant pis pour les qu’en dira-t’on ! C’est un peu le but de la série, mettre un coup de pied dans la fourmilière! » Lors des shootings, les modèles et moi avions mis en scènes les objets, les tenues, les attitudes, et puis, dans un deuxième temps, dans un ordre plutôt aléatoire j’ai apposé les phrases sur les portraits. Comme si je proposais au spectateur un puzzle à construire pour chaque personne.

Mon intention

Concernant, d’abord mes modèles, je voulais une série basée sur les rencontres, sur de l’aléatoire, mon travail n’étant pas du tout une étude sociologique. Mon envie première avec ces tryptiques, est de questionner le spectateur: « Après avoir visionner ces photographies, ces portraits, ces visages, appris des petites choses sur ces personnes… Quels préjugés allez vous trouver ? Qu’allez vous faire de tout ça ? « . Je considère (et ce jugement est très personnel) que le préjugé en soit n’est pas dangereux, c’est ce que l’on en fait qui peut l’être. Allons nous au delà ? Prenons nous le temps d’apprendre à mieux connaître, à cerner plus en détail chaque individu ?

Un préjugé… ?

Le Larousse définit le préjugé comme un jugement sur quelqu’un, quelque chose, qui est formé à l’avance selon certains critères personnels et qui oriente en bien ou en mal les dispositions d’esprit à l’égard de cette personne, de cette chose : Avoir un préjugé contre quelqu’un. Ou encore comme une opinion adoptée sans examen, souvent imposée par le milieu, l’éducation : Avoir les préjugés de sa caste.
Avoir un préjugé est quelque chose de « naturel ». Face à quelque chose que l’on ne connait pas ou peu (ou que l’on croit connaître), notre cerveau analyse, nous allons piocher dans notre propre vécu, nos croyances, culture et éducation… Inconsciemment nous mettons les gens dans des cases, une façon pour nous de trier les innombrables informations qui arrivent à notre cerveau. Tout le monde qu’on le veuille ou non a des préjugés.

Et vous … Que faites-vous de vos préjugés ? …